Maculopathie génétique, rétinopathie pigmentaire, aptitude à des métiers, aptitude à la conduite automobile

« Maculopathie génétique, rétinopathie pigmentaire,
aptitude à des métiers, aptitude à la conduite automobile »

Docteur Xavier ZANLONGHI, Ophtalmologiste

Service exploration fonctionnelle de la vision Clinique Sourdille à Nantes

Le Docteur Zanlonghi intervient sur le thème l’aptitude visuelle pour les professions et la conduite automobile.

Cet exposé étant très fourni, nous publions ici les grands titres du sommaire et quelques extraits plus spécifiques aux déficients visuels.

Nous vous invitons à le découvrir dans son intégralité sur notre site Internet.

Vous pouvez aussi consulter le site du Docteur Zanlonghi sur son site www.bassevision.net, pour découvrir d’autres sujets sur le handicap visuel.

Grands titres du sommaire :

  1. Généralités
  2. Aptitude visuelle et conduite
  3. La SNCF
  4. Aptitudes visuelles pour l’industrie
  5. Aptitude visuelle et Professions
  6. Arrêté du 9 novembre 2004
  7. Aptitude visuelle et sport
  8. Aptitude visuelle et travail sur écran
  9. Le cas particulier des déficients visuels
  10. Inapte pour une pathologie visuelle : conseils donnés aux patients
  11. Conclusions

Extrait du chapitre n°1 : Généralités :

L’aptitude visuelle médicale est requise pour un grand nombre de professions, pratiques sportives, et pour la conduite de véhicules.

Une grande hétérogénéité dans les normes requises, les techniques de mesures, et les personnes qui réalisent ces aptitudes visuelles, est retrouvée dans les textes réglementaires et les pratiques.

L’aptitude se définit comme une disposition naturelle ou acquise.

En médecine, le sens est plus restrictif : l’aptitude médicale est l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du travailleur.

Ce n’est pas l’aptitude professionnelle qui est déterminée par l’employeur.

L’aptitude à un poste de travail relève du médecin du travail, mais l’ophtalmologiste traitant et l’omnipraticien traitant ont un rôle non négligeable dés lors qu’une pathologie retentit sur le travail et ou sur les trajets domicile/lieu de travail.

L’ophtalmologiste traitant :

- n’a en aucun cas le pouvoir de déterminer un avis d’aptitude ou d’inaptitude définitive au travail (il a cependant l’initiative de l’arrêt de travail…..),

- ne doit pas faire des propositions d’aménagements de postes. Par contre, il prescrit la correction optique et des aides techniques comme les verres antireflets et filtrants.

Extrait du chapitre n°2 : Aptitude visuelle et conduite :

Tout candidat à un permis de conduire devra subir les examens appropriés pour s’assurer qu’il a une acuité visuelle compatible avec la conduite des véhicules à moteur. S’il y a une raison de penser que le candidat n’a pas une vision adéquate, il devra être examiné par une autorité médicale compétente. Au cours de cet examen, l’attention devra porter plus particulièrement sur l’acuité visuelle, le champ visuel, la vision crépusculaire, la sensibilité à l’éblouissement et aux contrastes et la diplopie, ainsi que sur d’autres fonctions visuelles qui peuvent compromettre la sécurité de la conduite.

Une bonne faculté visuelle est indispensable pour une conduite sécuritaire. Toute atteinte importante d’une fonction visuelle, de l’acuité ou du champ visuel, pour les plus connues, diminue l’aptitude d’une personne à conduire sans danger sur les routes d’aujourd’hui. Un conducteur atteint d’une déficience visuelle importante risque de ne pas percevoir ou de ne pas être attentif à une situation potentiellement dangereuse pour réagir correctement.

Lorsqu’une personne est atteinte d’une déficience visuelle, nous recommandons au professionnel de la basse vision de lui décrire la nature et l’étendue de sa déficience.

Cependant le risque d’accident directement lié à des pathologies (< à 0,1% pour le diabète et pour les cardiopathies) est extrêmement faible par rapport à l’alcool (30 à 50%), 7% des morts seraient dues au non respect des distances de sécurité, 3% à la fatigue. Aucune donnée dans la littérature ne donne de valeurs sur le nombre d’accidents de circulation secondaire à des défauts optiques non corrigés ou à des pathologies visuelles.

Extrait du chapitre n°9 : Le cas particulier des déficients visuels :

Métiers

Le médecin du travail exerce une surveillance médicale particulière pour les personnes handicapées visuelles (DUPAS D).

L’examen médical a pour but :

1 – de rechercher si le salarié n’est pas atteint d’une affection visuelle dangereuse pour les autres travailleurs ; une affection diminuant la vigilance (traumatisme crânien avec atteinte neurovisuelle), une déficience susceptible de mettre en danger la vie d’autrui (signal non perçu, distance mal appréciée, mode d’emploi mal déchiffré…)

2 – de s’assurer qu’il est médicalement apte au poste de travail

3 – de proposer éventuellement les adaptations du poste ou l’affectation à d’autres postes.

Les métiers déconseillés sont les suivants ;

─travail en hauteur sur échelle ou échafaudage

─travail au voisinage de machines en mouvement

─conduite d’engins

─tous les postes dits « de sécurité »

Mais aussi :

─les métiers comportant des tâches de nettoyage en particulier dans l’agro-alimentaire et les milieux de soins

─les métiers nécessitant le port d’un masque de protection incompatible avec des lunettes d’aide visuelles

Sport, Handisport (voir site)

Aides techniques :

Les aides techniques pour aider les déficients visuels sont de plus en plus nombreuses, essentiellement liés à l’utilisation massive de l’informatique.

On peut réaliser une adaptation du poste de travail en changeant les taille et attributs des polices de caractères, la couleurs des éléments sur l’écran (menu, fond…), la taille de la souris, la taille de certains contrôles Windows, en réglant les options d’accessibilité de Windows, et en utilisant  des raccourcis claviers.

Il existe des logiciels spécialisés comme la loupe de Windows, ZoomText (level 1 ou 2), Supernova, Jaws (braille + synthèse vocale). Ils permettent différents modes de présentation de l’agrandissement, un suivi vocal, des touches de commande adaptées, un lissage des caractères et un suivi des différents événements Windows.

Les tablettes graphiques, les Smartphones avec des applications dédiées pour les déficients visuels font leur apparition.

En matériel adapté, il faut se poser les bonnes questions :

F le déficient visuel a-t-il besoin d’un grand écran (21″) ou d’un logiciel d’agrandissement ?

F faut-il prévoir un écran plat LCD sans reflet ?

F doit-on utiliser les paramétrages Windows (ou MAC) ou bien un logiciel spécialisé d’agrandissement ?

Si l’informatique apporte des solutions pour pallier les difficultés visuelles avec une gamme de réponse de plus en plus large, l’informatique peut elle-même être source de difficultés (accessibilité au WEB par exemple). L’informatique n’est pas la réponse universelle à tous les problèmes.

Conclusions

L’analyse des normes d’aptitudes visuelles dans les mondes professionnels et sportifs, fait apparaître une très grande hétérogénéité des réglementations. En effet les pratiques, tests, médecins prononçant une aptitude, sont très variables d’une profession à une autre, d’un sport à un autre.

Ce qui apparaît paradoxal, est la quasi absence d’études scientifiques établissant une relation entre une norme et une dangerosité à un poste de travail ou à un sport.

Pour autant une norme qui donne un seuil d’aptitude est une nécessité. Dans les cas limites, il faudrait corréler les tests d’évaluation des performances visuelles avec le poste de travail occupé ou le sport pratiqué. D’où l’intérêt de mise en situation réelle ou sur simulateur par utilisation de la réalité virtuelle, domaine amené à un grand développement.

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