Comprendre et bien utiliser la lumière
Par Daniel DUPLEIX, Opticien LISSAC, spécialiste en basse vision
«
Lapalisse aurait pu dire « plus on éclaire, mieux on y voit ! »
Pourquoi s'éclairer ?
Les images de notre espace de vie sont transportées par la lumière vers la rétine, qui va enregistrer leurs formes, leurs couleurs, leurs dimensions. Nous percevons tout ou partie de ces informations en fonction des spécificités physiques de la source lumineuse qui les éclaire.
Les performances de l'oeil sont donc intimement liées à la lumière naturelle (soleil) et artificielle (éclairages urbains, collectifs ou individuelles). La lumière est non seulement source de vie mais aussi source de vue.
Les lunettes correctrices fournissent la « quantité de vision », nous permettant de lire des petits caractères. Le confort visuel, l'endurance et la vitesse de lecture sont obtenus grâce à la lumière. C'est la « qualité de vision ».
Comprendre la lumière
Il existe deux grandes familles de sources lumineuses visibles :
- la luminescence : produite par un phénomène non thermique (ex : éclairs pendant un orage, ver luisant des nuits d'été),
- l'incandescence : due à l'excitation thermique d'un corps (ex : le soleil, les sources électriques).
Quelle lumière ?
Pour produire de la lumière par électricité, trois technologies peuvent être utilisées :
- les lampes à filaments de tungstène, contenants un gaz inerte ou spécifique, produisent de la lumière par effet Joule (échauffement du filament),
- les lampes à décharge, comme des éclairs, exploitent la luminescence,
- les lampes fluorescentes, dans lesquelles un arc électrique est transformé en lumière visible grâce aux substances photoluminescentes tapissant les parois du tube.
Les différentes lampes
Les lampes halogènes basse tension
Ce sont des lampes à incandescence dont l'ampoule, contient une atmosphère gazeuse halogénée.
La spécificité de cet éclairage réside dans la propriété du gaz halogène, de « recoller » en permanence, les particules du filament de tungstène qui se détachent à chaque éclairement.
Cette régénération du filament est optimum lorsque la lampe fonctionne à pleine puissance. C'est la raison pour laquelle nous ne recommandons pas les lampes à variateur. Ainsi les parois de l'ampoule restent claires et sa durée de vie allongée.
Le verre de silice (quartz) qui constitue l'enveloppe de l'ampoule supporte les hautes températures mais est perméable aux UV. Ainsi, toutes les lampes halogènes conseillées doivent interposer un filtre UV translucide, entre l'ampoule et l'utilisateur, afin de lui permettre de travailler, sous la lampe, en toute sécurité.
La lumière halogène permet un rendu des couleurs proche de la lumière naturelle (soleil). Par rapport à une lampe à incandescence classique, l'éclairage halogène basse tension consomme 3 fois moins, possède une durée de vie 4 fois plus longue, et un rendement proche du double (ex : l'éclairement d'une 35 w halogène équivaut à une 100 W classique).
Les lampes fluorescentes
Les lampes fluorescentes fonctionnent ainsi: dans une tube de verre, de la vapeur de mercure est excitée par un champ électrique entre des électrodes émettant un rayonnement UV invisible. Une substance fluorescente appliquée sur la paroi du verre transforme le rayonnement UV en lumière visible.
Alors que les lampes aux halogènes favorisent les taches visuelles, demandant un éclairement localisé, avec parfois une courte distance de travail (ex : systèmes grossissants basse vision, travaux de précision), les lampes fluorescentes sont plus spécialement recommandées pour éclairer un plan de travail (ménager, bureau, loisir), sans éblouissement.
La qualité de la lumière émise est proche de la lumière du jour, stable dans le temps, avec un excellent rendu des couleurs naturelles. Sa durée de vie est 5 à 6 fois plus élevée qu'une lampe à incandescence classique. C'est la lampe idéale pour les chambres d'enfant.
Comment bien utiliser la lumière ?
La facilité d'exécution d'une tâche (lecture, écriture, travaux manuels, etc.) dépend :
- de l'éblouissement, (ex : un support papier brillant, les surfaces de travail réfléchissantes, des lumières parasites, artificielles ou naturelles (soleil),
- du contraste (ex : entre les lettres et le fond du papier, entre les luminaires et le plafond, entre l'objet tenu et la surface de travail). L'objet observé doit être 3 fois plus éclairé que son environnement, lui-même 3 fois plus que l'ambiance générale,
- de l'aménagement de l'espace de travail (ergonomie, posture). L'utilisation d'un pupitre, posé sur les genoux ou sur la table permet de compenser des postures vicieuses, en réduisant la fatigabilité corporelle et visuelle,
- de la qualité (choix du luminaire), de la position de l'éclairage principal (du coté opposé à la main qui écrit et sous le visage pour éviter les ombres portées), et ambiant, dirigé de préférence vers le plafond ou les murs.
Conseils d'acquisition
Seul l'utilisateur de la lampe est capable de juger si celle ci correspond parfaitement à ses besoins visuels, en terme de manipulation, de qualité et de quantité de l'éclairage fourni. Eviter à tout prix, l'achat par un tiers. La solution idéale est d'obtenir du vendeur un prêt de quelques jours, dans les conditions d'utilisation. Cette procédure permet d'apprécier calmement :
- la fiabilité du produit, garantie par un professionnel (opticien spécialisé, éclairagiste),
- la simplicité de fonctionnement (exit rhéostat),
- l'adaptation à la tâche souhaitée (écriture, lecture, travaux manuels, etc.),
- la parfaite protection de l'ampoule par un filtre en verre ou plastique,
- la minimisation effective de l'échauffement.
NB : Suite à cette conférence et à l'interrogation d'une adhérente, voici la réponse donnée par Monsieur Daniel Dupleix :
« ...
J'ai contacté Madame Drie, à qui j'ai fourni les coordonnées d'un opticien spécialisé en BV dans sa région et répondu à toutes ses interrogations. Suite à cette demande je suis prêt, par votre intermédiaire, à répondre aux adhérents désireux d'avoir une info, des conseils, dans mon domaine de compétence ... »